| Titre : |
L'Agriculture en terre vendéenne : de l'Empire a la Seconde Guerre mondiale (1800-1945) |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Collective, Auteur |
| Editeur : |
Somogy |
| Année de publication : |
2011 |
| Importance : |
360 pages |
| Format : |
21 x 28 cm |
| ISBN/ISSN/EAN : |
978-2-7572-0400-9 |
| Note générale : |
Sommaire:
Préface • Bruno Retailleau, président du Conseil général de la Vendée — 8
Avant-propos • Christophe Vital, commissaire général de l'exposition, conservateur en chef des musées de la Vendée — 10
De la Statistique de Cavoleau à la Monographie agricole du département de la Vendée. De la reconstruction à la loi d'orientation agricole (1800-1960) • Pierre-Yannick Legal, directeur du département d'histoire du droit, université de Nantes — 12
Découvrir les terroirs de Vendée
Géomorphologie et répercussions culturales (contraintes et atouts)
La Vendée du sol et du sous-sol : lutter contre la nature et user de la variété des terroirs. Approche géologique et répercussions culturales • Gaston Godard, maître de conférences en géologie, université de Paris VII-Denis-Diderot — 30
Les Marais mouillés du Marais poitevin au XIXᵉ siècle : de nouveaux paysages pour une nouvelle agriculture • Yannis Suire, historien, conservateur du patrimoine à l'Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes, Poitiers — 38
Le Marais breton-vendéen et le paysan du marais, des salines et de la côte (XIXᵉ siècle-première moitié du XXᵉ siècle) • Fernand Verger, géographe, professeur émérite à l'École normale supérieure, Paris, conseiller scientifique au Conservatoire du littoral — 46
Les Bocages vendéens (1830-1950) • Nicole Croix, professeur émérite de géographie, université de Nantes — 52
La Plaine du Sud-Vendée • Claude Roy, chef du service de l'eau, Conseil général de la Vendée, La Roche-sur-Yon — 64
Les îles • Gaston Godard — 68
Relever la Vendée agricole
Les lendemains de la Révolution
Jean-Alexandre Cavoleau (1754-1839), témoin et acteur d'une agriculture en mutation • Marie-Élisabeth Loiseau, commissaire de l'exposition, conservation départementale des musées de la Vendée, La Roche-sur-Yon — 72
De la reconstitution des domaines fonciers et de la mise en valeur des Bocages vendéens (1800-1840). Regards croisés... Observations et questionnements... • Philippe Bossis, maître de conférences honoraire en histoire moderne, université de Nantes, et Pierre-Yannick Legal — 86
Napoléon Bonaparte, restaurateur de l'agriculture vendéenne ? • Jérôme Biteau, historien — 90
Diffuser les idées
Acteurs du changement et nouvelles pratiques agricoles
Le temps des précurseurs (1815-1848), vers la « révolution agricole » vendéenne • Jérôme Biteau — 96
Le professeur départemental d'agriculture, initiateur et rapporteur des progrès (1878-1914) • Cécile Pleau, chargée de mission, conservation départementale des musées de la Vendée — 102
La lente implantation d'un enseignement agricole • Michel Chamard, maître de conférences en histoire à l'Institut catholique d'études supérieures, La Roche-sur-Yon, conseiller technique (affaires culturelles) au Conseil général de la Vendée — 114
Les progrès du système de polyculture-élevage en Vendée du début du XIXᵉ au milieu du XXᵉ siècle • René Bourrigaud, maître de conférences honoraire en histoire du droit, université de Nantes — 123
Le dariolage, chant des labours • Christine Chamard, ancienne journaliste, écrivain — 138
Les surnoms des bœufs • Claude Mercier, écrivain, animateur, chantre du patois vendéen — 140
L'industrie chevaline en Vendée (1840-1900) • Cécile Pleau — 142
Les races mulassières du Poitou • Éric Rousseau, ingénieur agricole, président de l'Association nationale des races mulassières du Poitou, Coulon (Deux-Sèvres) — 151
Maurice Batiot : « Mes ancêtres ont introduit le charolais en Vendée » • Propos recueillis par Gilles Bély, ancien journaliste à Ouest-France, écrivain — 154
La vigne en Vendée, de la Révolution à 1950 • Marcel Godreau, auteur de l'ouvrage Les Vignes de mon enfance, responsable d'associations culturelles en milieu rural, Fédération départementale des foyers ruraux et associations d'animation locale — 160
Les crises de surproduction et la création de l'Office du blé • Gilles Bély — 164
Bâtir, héberger et habiter
L'architecture au service de l'agriculture
L'architecture rurale en Vendée • Christophe Vital — 174
De la basse-cour à la « réserve ». Évolution des formes de la ferme du château au XXᵉ siècle • Julien Boureau, conservateur départemental des antiquités et objets d'art de la Vendée, La Roche-sur-Yon — 186
Circuler et s'unir
Modernisation et professionnalisation
Circuler en Vendée : les chemins de fer, les grandes lignes et le réseau secondaire • Philippe Courage, enseignant en économie et droit, historien des chemins de fer — 202
Routes et ponts, un effort considérable • Jean-Pierre Remaud, documentaliste, conservation départementale des musées de la Vendée — 208
Foires et marchés : espaces économiques et lieux de sociabilité du monde rural vendéen • Stève Desgré, chargé d'enseignement, université de Nantes et Pierre-Yannick Legal — 218
Foires et marchés à La Roche-sur-Yon • Marie-Laure Durand, auteur de Foires et marchés à La Roche-sur-Yon de 1804 à 1904, mémoire de maîtrise, Nantes, 2003 — 221
Le canard de Challans, star des people • Michel Chamard — 225
La bonnotte, reine d'un jour • Michel Chamard — 226
« Unissons-nous ! » La double fidélité des organisations représentatives agricoles • Gilbert Métivier, ancien rédacteur en chef de La Vendée agricole et du magazine Racines — 230
Caisses rurales et Crédit agricole mutuel : deux démarches mutualistes différentes • Gilbert Métivier — 238
Solidarité et prévoyance dans les campagnes vendéennes : mutualités et assurances sociales (1852-1939) • Stève Desgré — 243
Entre propriété et faire-valoir... • Pierre-Yannick Legal — 250
Écrire, peindre et photographier
Une approche sensible
Écrire le malaise paysan • Yves Viollier, écrivain — 258
La Vendée rurale vue par les artistes • Christophe Vital — 268
Une langue vivante : le parler poitevin • Claude Mercier — 276
Intensifier
La naissance d'une agriculture nouvelle (1940-1970)
Du paysan à l'agriculteur : le rôle de la Jeunesse agricole chrétienne • Gilles Bély et Roger Albert (ancien agriculteur jaciste), auteurs de l'ouvrage Fiers d'être paysans. La JAC en Vendée — 282
L'introduction du confort moderne dans les campagnes vendéennes : éléments d'histoire de l'électrification, de l'adduction d'eau et de la modernisation de la ferme • Stève Desgré — 288
Après la guerre, l'envol de la mécanisation • René Bourrigaud — 297
1960-1970 : la décennie de tous les changements • Jean Renard, professeur émérite de géographie, université de Nantes — 300
L'affirmation d'un tissu agroalimentaire en Vendée à partir des années 1950 • Christine Margetic, professeur de géographie, université de Nantes — 306
Catalogue des objets exposés — 314
Éléments bibliographiques — 354 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Catégories : |
Agriculture et technique connexes
|
| Mots-clés : |
Agriculture Vendée (France) XIXe siècle Agriculture Vendée (France) 1900-1945 Conditions économiques Vendée (France) 1800-.... Conditions rurales Vendée (France) 1800-.... Géographie & Territoires Vendée Bocage vendéen Marais poitevin Marais breton-vendéen Plaine du Sud-Vendée Terroirs Géomorphologie Agriculture & Monde rural Agriculture vendéenne Ruralité Paysans Élevage Polyculture Viande bovine Canards Cheptel Agroalimentaire Évolution & Modernisation Révolution agricole Machinisme agricole Modernisation Progrès Engrais chimiques OGM Autosuffisance alimentaire Société & Organisations Jeunesse agricole chrétienne (JAC) Organisations agricoles Crédit agricole Foires et marchés Solidarité Mutualités Patrimoine, Histoire & Culture Historial de la Vendée Exposition Musée global Patois vendéen Parler poitevin Savoir-faire Artistes |
| Index. décimale : |
630 - Agriculture et technique connexes |
| Résumé : |
Préface:
La ruralité n'est pas la seule caractéristique de l'identité vendéenne, mais elle n'en est pas la moindre. Cinquième département agricole de France, la Vendée compte 7,6 % de la population active dans l'agriculture – contre 3,8 % en moyenne nationale – dans des exploitations à fort caractère familial. Près de la moitié de la population vit en milieu rural, 70 % des agriculteurs vendéens ont moins de cinquante ans.
L'agriculture occupe une place doublement stratégique dans la vie de notre département. D'abord en termes économiques : 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires, 8 % des emplois directs, auxquels viennent s'ajouter 5 % d'emplois à travers les industries agroalimentaires. La Vendée est le premier producteur national de viande bovine et de canards à rôtir, le deuxième pour le foie gras, l'un des principaux pour la conchyliculture et les lapins.
Avec le quart des emplois industriels (dont les deux tiers dans les industries des viandes), l'agroalimentaire est l'un des tout premiers secteurs d'activité de la Vendée : son essor est lié à l'importance de l'agriculture, notamment de l'élevage. La moitié des employés de ce secteur travaillent dans le Bocage vendéen. De nombreuses entreprises vendéennes sont leaders dans leurs créneaux respectifs (plats cuisinés, boulangerie industrielle, conserverie, biscuiterie, produits de la mer ou volaillers...).
Place stratégique également parce que les agriculteurs ne sont pas seulement des producteurs, mais aussi des aménageurs du territoire et des protecteurs de l'environnement. À ce titre, ils contribuent à la qualité de nos paysages et au développement de notre première source départementale de revenus, le tourisme.
Avec ses groupements de producteurs, ses organisations en filières, ses exploitations à taille humaine, l'agriculture vendéenne est imaginative, organisée et créatrice d'emplois. La place qu'elle accorde aux productions sous signes de qualité est une garantie pour les consommateurs français.
Ce visage actuel du monde rural vendéen est, comme presque toujours, le fruit de l'histoire. Au fil des millénaires, le travail de la terre a joué dans notre terroir un rôle considérable.
Dès l'ère néolithique, qui a laissé de nombreux vestiges dans notre département, des communautés de cultivateurs pratiquent des méthodes venues en droite ligne du Proche-Orient, terre natale de l'agriculture. Cela fait de notre région une zone d'implantation agricole parmi les plus précoces du continent européen.
Plus tard, les moines déricheurs de Maillezais, de Saint-Michel-en-l'Herm, de la Grainetière, de Lieu-Dieu ou de l'Île-Chauvet mettent en valeur les sols, créent des paysages qui donnent à la Vendée son aspect d'aujourd'hui et conquièrent des surfaces arables dans l'ancien golfe des Pictons ou les Marais de Monts, avant que des ingénieurs hollandais ne viennent prendre la relève à l'appel d'Henri IV.
À la veille de la Révolution, la Vendée est caractérisée par la diversité de ses paysages agricoles, que l'on retrouvait encore voici cinquante ans.
Bocage, avec ses champs de faible superficie, clos par des haies vives d'épineux et des arbres tétards, terres granitiques pauvres dont l'élevage constitue la principale ressource. Marais breton-vendéen et poitevin. Au nord, entre pays de Monts, Marais de Soullans et pays de Retz, un désert aquatique, sans arbres, avec des prairies morcelées par des étiers. Au sud, des polders, répartis entre « Marais mouillé » et, plus à l'ouest, « Marais desséché », dont les terres ont le meilleur rendement céréalier d'Europe. Plaine, dont les terres calcaires sont riches (le froment en fait la « Beauce du Poitou ») et les exploitations plus vastes, mais dépourvues d'élevage faute de prairies.
Destiné à compléter une exposition organisée à l'Historial de la Vendée, le présent ouvrage traite de l'évolution de l'agriculture vendéenne sur cent cinquante ans, tout au long d'un « grand XIXᵉ siècle » qui se prolonge jusqu'aux années 1950, entre deux tournants majeurs.
En amont, la reconstitution d'une agriculture après les bouleversements créés par la Révolution, la nécessité pour les survivants de la « grande guerre » de 1793 et des atrocités qui l'ont accompagnée de creuser de nouveaux sillons. Il s'agit de reconstruire les bâtiments partis en fumée, mais aussi de faire revivre les exploitations agricoles et de reconstituer un cheptel et des basses-cours. Cela suppose l'adoption de nouvelles méthodes de culture, la prise de conscience qu'il faut sortir de la traditionnelle autosuffisance alimentaire et assurer l'écoulement des excédents agricoles vers des marchés extérieurs. Cela implique également la transmission de ces conceptions « révolutionnaires » aux générations vouées à prendre la relève.
À l'autre bout, l'imminence d'une nouvelle révolution, avec la diffusion du machinisme agricole, l'utilisation intensive des engrais chimiques et des organismes génétiquement modifiés (OGM), le calibrage et l'uniformisation des variétés de produits agricoles... Avec aussi la mondialisation, l'instauration d'une politique agricole commune qui, au fil du délitement des États-nations, tend à transformer le paysan vivant du fruit de son travail et fixant lui-même la rémunération de celui-ci en allocataire assisté et privé de son destin, contraint de se soumettre à des directives technocratiques, à une économie dirigée, au rétablissement des jachères médiévales, au démantèlement des haies séculaires du Bocage...
Cette nouvelle révolution, la Vendée d'aujourd'hui l'affronte, comme à son habitude, avec dynamisme et créativité.
Bruno RETAILLEAU
Président du Conseil général de la Vendée |
| Note de contenu : |
Avant-propos
Cet ouvrage s'associe et survivra à une nouvelle exposition, la dixième depuis l'ouverture de l'Historial de la Vendée. Chaque fois, nous abordons une facette du patrimoine de la Vendée, dans son acceptation la plus large, car ce musée d'histoire et de société appréhende le patrimoine dans sa dimension aussi bien archéologique, historique qu'artistique ou technique. C'est en fait une conception nouvelle d'un « musée global », de synthèse, qui a pour préoccupation première l'accès d'un public le plus large possible, renouvelé. C'est le défi que les musées du XXIᵉ siècle ont encore à relever : rendre accessible le musée à ceux qui d'ordinaire n'en franchissent jamais la porte parce qu'ils imaginent que ce lieu n'est pas fait pour eux.
Pour ces « primo-visiteurs », pour reprendre le jargon des spécialistes, l'Historial ouvre ses portes, dévoilant assurément une approche nouvelle.
Après Les Soldats du feu, qui ont permis d'accueillir un public enthousiaste et très large tout en révélant des collections d'une richesse insoupçonnée, le thème de l'agriculture vendéenne s'est imposé. Ce thème revêt évidemment un sens particulier ici, dans ce département rural, en ce lieu situé en plein cœur du Bocage vendéen, bocage qui semble enfouir le musée sous ses prairies et ses haies.
C'est évidemment une nouvelle fois un sujet qui parle aux Vendéens. Beaucoup n'y apprendront peut-être pas grand-chose parce que ce qui est montré, ils l'ont vécu. Comme l'écrivait Jean Yole : « la terre c'est pour celui qui la travaille, la campagne pour celui qui la regarde ». Pour d'autres, ils seront nombreux, ce seront des souvenirs qui ressurgiront, souvenirs immédiats et directs ou bien souvenirs transmis par la tradition orale et familiale. Certains même se reconnaîtront ou reconnaîtront des proches sur telle ou telle photographie. Pour d'autres encore, ce sera une découverte ou même une révélation et – pourquoi pas ? – la remise en cause de certitudes, celle d'imaginer par exemple que le XIXᵉ siècle et le début du XXᵉ ont été des périodes d'immobilisme.
Chemin du Bocage vendéen, photographie de Jean Roubier (1896-1981).
À l'Historial, nous « fonctionnons » un peu à l'envers. Généralement, le musée part du scientifique pour aller (ou essayer d'aller) vers la vulgarisation ; ici, nous faisons le contraire : nous proposons des expositions conçues pour le grand public. C'est celui-là qui est la cible et tant pis pour le spécialiste ! le puriste ! le savant !
Mais, un tel projet animé par la vulgarisation est aussi l'occasion, à chaque exposition, de mener à bien un projet scientifique. La publication qui l'accompagne est toujours un ouvrage de référence. L'Historial aura pleinement réussi s'il parvient peu à peu à susciter de nouveaux travaux, de nouvelles recherches, car un musée n'est pas et ne doit pas être seulement un lieu de visite ; un musée est un lieu scientifique, un lieu de recherche et de conservation.
Lorsque nous avons décidé d'aborder le thème de l'agriculture vendéenne – vaste défi ! –, nous nous sommes vite rendu compte que les travaux réalisés sur la question étaient disséminés et fragmentaires, qu'il n'existait pas vraiment d'ouvrage sur lequel s'appuyer, qui ferait le tour de la question ; aussi, avec notre conseiller scientifique pour la période de référence, Pierre-Yannick Legal, directeur du département d'histoire du droit, doyen honoraire de la faculté de droit de Nantes, nous avons décidé, en marge de l'exposition, de réunir des universitaires, des scientifiques pour tenter de réparer cet oubli. Je le remercie d'avoir accepté d'assurer la coordination scientifique de ce livre avec le talent qui est le sien.
L'Historial est aussi un lieu de conservation ; parmi ses collections se trouvent de multiples objets qui se rapportent au thème que nous traitons : c'est une occasion de les sortir des réserves, de les présenter, mais aussi de les documenter. René Bourrigaud nous a fait bénéficier de ses connaissances et compétences dans le domaine du machinisme agricole et je l'en remercie.
Au fil des pages de cet ouvrage, le lecteur remontera le temps et découvrira cette exceptionnelle histoire de l'agriculture vendéenne ; il admirera également les nombreuses illustrations, la plupart issues de notre riche photothèque.
Christophe VITAL
Commissaire général de l'exposition, conservateur en chef des musées de la Vendée |
L'Agriculture en terre vendéenne : de l'Empire a la Seconde Guerre mondiale (1800-1945) [texte imprimé] / Collective, Auteur . - Somogy, 2011 . - 360 pages ; 21 x 28 cm. ISBN : 978-2-7572-0400-9 Sommaire:
Préface • Bruno Retailleau, président du Conseil général de la Vendée — 8
Avant-propos • Christophe Vital, commissaire général de l'exposition, conservateur en chef des musées de la Vendée — 10
De la Statistique de Cavoleau à la Monographie agricole du département de la Vendée. De la reconstruction à la loi d'orientation agricole (1800-1960) • Pierre-Yannick Legal, directeur du département d'histoire du droit, université de Nantes — 12
Découvrir les terroirs de Vendée
Géomorphologie et répercussions culturales (contraintes et atouts)
La Vendée du sol et du sous-sol : lutter contre la nature et user de la variété des terroirs. Approche géologique et répercussions culturales • Gaston Godard, maître de conférences en géologie, université de Paris VII-Denis-Diderot — 30
Les Marais mouillés du Marais poitevin au XIXᵉ siècle : de nouveaux paysages pour une nouvelle agriculture • Yannis Suire, historien, conservateur du patrimoine à l'Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes, Poitiers — 38
Le Marais breton-vendéen et le paysan du marais, des salines et de la côte (XIXᵉ siècle-première moitié du XXᵉ siècle) • Fernand Verger, géographe, professeur émérite à l'École normale supérieure, Paris, conseiller scientifique au Conservatoire du littoral — 46
Les Bocages vendéens (1830-1950) • Nicole Croix, professeur émérite de géographie, université de Nantes — 52
La Plaine du Sud-Vendée • Claude Roy, chef du service de l'eau, Conseil général de la Vendée, La Roche-sur-Yon — 64
Les îles • Gaston Godard — 68
Relever la Vendée agricole
Les lendemains de la Révolution
Jean-Alexandre Cavoleau (1754-1839), témoin et acteur d'une agriculture en mutation • Marie-Élisabeth Loiseau, commissaire de l'exposition, conservation départementale des musées de la Vendée, La Roche-sur-Yon — 72
De la reconstitution des domaines fonciers et de la mise en valeur des Bocages vendéens (1800-1840). Regards croisés... Observations et questionnements... • Philippe Bossis, maître de conférences honoraire en histoire moderne, université de Nantes, et Pierre-Yannick Legal — 86
Napoléon Bonaparte, restaurateur de l'agriculture vendéenne ? • Jérôme Biteau, historien — 90
Diffuser les idées
Acteurs du changement et nouvelles pratiques agricoles
Le temps des précurseurs (1815-1848), vers la « révolution agricole » vendéenne • Jérôme Biteau — 96
Le professeur départemental d'agriculture, initiateur et rapporteur des progrès (1878-1914) • Cécile Pleau, chargée de mission, conservation départementale des musées de la Vendée — 102
La lente implantation d'un enseignement agricole • Michel Chamard, maître de conférences en histoire à l'Institut catholique d'études supérieures, La Roche-sur-Yon, conseiller technique (affaires culturelles) au Conseil général de la Vendée — 114
Les progrès du système de polyculture-élevage en Vendée du début du XIXᵉ au milieu du XXᵉ siècle • René Bourrigaud, maître de conférences honoraire en histoire du droit, université de Nantes — 123
Le dariolage, chant des labours • Christine Chamard, ancienne journaliste, écrivain — 138
Les surnoms des bœufs • Claude Mercier, écrivain, animateur, chantre du patois vendéen — 140
L'industrie chevaline en Vendée (1840-1900) • Cécile Pleau — 142
Les races mulassières du Poitou • Éric Rousseau, ingénieur agricole, président de l'Association nationale des races mulassières du Poitou, Coulon (Deux-Sèvres) — 151
Maurice Batiot : « Mes ancêtres ont introduit le charolais en Vendée » • Propos recueillis par Gilles Bély, ancien journaliste à Ouest-France, écrivain — 154
La vigne en Vendée, de la Révolution à 1950 • Marcel Godreau, auteur de l'ouvrage Les Vignes de mon enfance, responsable d'associations culturelles en milieu rural, Fédération départementale des foyers ruraux et associations d'animation locale — 160
Les crises de surproduction et la création de l'Office du blé • Gilles Bély — 164
Bâtir, héberger et habiter
L'architecture au service de l'agriculture
L'architecture rurale en Vendée • Christophe Vital — 174
De la basse-cour à la « réserve ». Évolution des formes de la ferme du château au XXᵉ siècle • Julien Boureau, conservateur départemental des antiquités et objets d'art de la Vendée, La Roche-sur-Yon — 186
Circuler et s'unir
Modernisation et professionnalisation
Circuler en Vendée : les chemins de fer, les grandes lignes et le réseau secondaire • Philippe Courage, enseignant en économie et droit, historien des chemins de fer — 202
Routes et ponts, un effort considérable • Jean-Pierre Remaud, documentaliste, conservation départementale des musées de la Vendée — 208
Foires et marchés : espaces économiques et lieux de sociabilité du monde rural vendéen • Stève Desgré, chargé d'enseignement, université de Nantes et Pierre-Yannick Legal — 218
Foires et marchés à La Roche-sur-Yon • Marie-Laure Durand, auteur de Foires et marchés à La Roche-sur-Yon de 1804 à 1904, mémoire de maîtrise, Nantes, 2003 — 221
Le canard de Challans, star des people • Michel Chamard — 225
La bonnotte, reine d'un jour • Michel Chamard — 226
« Unissons-nous ! » La double fidélité des organisations représentatives agricoles • Gilbert Métivier, ancien rédacteur en chef de La Vendée agricole et du magazine Racines — 230
Caisses rurales et Crédit agricole mutuel : deux démarches mutualistes différentes • Gilbert Métivier — 238
Solidarité et prévoyance dans les campagnes vendéennes : mutualités et assurances sociales (1852-1939) • Stève Desgré — 243
Entre propriété et faire-valoir... • Pierre-Yannick Legal — 250
Écrire, peindre et photographier
Une approche sensible
Écrire le malaise paysan • Yves Viollier, écrivain — 258
La Vendée rurale vue par les artistes • Christophe Vital — 268
Une langue vivante : le parler poitevin • Claude Mercier — 276
Intensifier
La naissance d'une agriculture nouvelle (1940-1970)
Du paysan à l'agriculteur : le rôle de la Jeunesse agricole chrétienne • Gilles Bély et Roger Albert (ancien agriculteur jaciste), auteurs de l'ouvrage Fiers d'être paysans. La JAC en Vendée — 282
L'introduction du confort moderne dans les campagnes vendéennes : éléments d'histoire de l'électrification, de l'adduction d'eau et de la modernisation de la ferme • Stève Desgré — 288
Après la guerre, l'envol de la mécanisation • René Bourrigaud — 297
1960-1970 : la décennie de tous les changements • Jean Renard, professeur émérite de géographie, université de Nantes — 300
L'affirmation d'un tissu agroalimentaire en Vendée à partir des années 1950 • Christine Margetic, professeur de géographie, université de Nantes — 306
Catalogue des objets exposés — 314
Éléments bibliographiques — 354 Langues : Français ( fre)
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Agriculture et technique connexes
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Agriculture Vendée (France) XIXe siècle Agriculture Vendée (France) 1900-1945 Conditions économiques Vendée (France) 1800-.... Conditions rurales Vendée (France) 1800-.... Géographie & Territoires Vendée Bocage vendéen Marais poitevin Marais breton-vendéen Plaine du Sud-Vendée Terroirs Géomorphologie Agriculture & Monde rural Agriculture vendéenne Ruralité Paysans Élevage Polyculture Viande bovine Canards Cheptel Agroalimentaire Évolution & Modernisation Révolution agricole Machinisme agricole Modernisation Progrès Engrais chimiques OGM Autosuffisance alimentaire Société & Organisations Jeunesse agricole chrétienne (JAC) Organisations agricoles Crédit agricole Foires et marchés Solidarité Mutualités Patrimoine, Histoire & Culture Historial de la Vendée Exposition Musée global Patois vendéen Parler poitevin Savoir-faire Artistes |
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630 - Agriculture et technique connexes |
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Préface:
La ruralité n'est pas la seule caractéristique de l'identité vendéenne, mais elle n'en est pas la moindre. Cinquième département agricole de France, la Vendée compte 7,6 % de la population active dans l'agriculture – contre 3,8 % en moyenne nationale – dans des exploitations à fort caractère familial. Près de la moitié de la population vit en milieu rural, 70 % des agriculteurs vendéens ont moins de cinquante ans.
L'agriculture occupe une place doublement stratégique dans la vie de notre département. D'abord en termes économiques : 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires, 8 % des emplois directs, auxquels viennent s'ajouter 5 % d'emplois à travers les industries agroalimentaires. La Vendée est le premier producteur national de viande bovine et de canards à rôtir, le deuxième pour le foie gras, l'un des principaux pour la conchyliculture et les lapins.
Avec le quart des emplois industriels (dont les deux tiers dans les industries des viandes), l'agroalimentaire est l'un des tout premiers secteurs d'activité de la Vendée : son essor est lié à l'importance de l'agriculture, notamment de l'élevage. La moitié des employés de ce secteur travaillent dans le Bocage vendéen. De nombreuses entreprises vendéennes sont leaders dans leurs créneaux respectifs (plats cuisinés, boulangerie industrielle, conserverie, biscuiterie, produits de la mer ou volaillers...).
Place stratégique également parce que les agriculteurs ne sont pas seulement des producteurs, mais aussi des aménageurs du territoire et des protecteurs de l'environnement. À ce titre, ils contribuent à la qualité de nos paysages et au développement de notre première source départementale de revenus, le tourisme.
Avec ses groupements de producteurs, ses organisations en filières, ses exploitations à taille humaine, l'agriculture vendéenne est imaginative, organisée et créatrice d'emplois. La place qu'elle accorde aux productions sous signes de qualité est une garantie pour les consommateurs français.
Ce visage actuel du monde rural vendéen est, comme presque toujours, le fruit de l'histoire. Au fil des millénaires, le travail de la terre a joué dans notre terroir un rôle considérable.
Dès l'ère néolithique, qui a laissé de nombreux vestiges dans notre département, des communautés de cultivateurs pratiquent des méthodes venues en droite ligne du Proche-Orient, terre natale de l'agriculture. Cela fait de notre région une zone d'implantation agricole parmi les plus précoces du continent européen.
Plus tard, les moines déricheurs de Maillezais, de Saint-Michel-en-l'Herm, de la Grainetière, de Lieu-Dieu ou de l'Île-Chauvet mettent en valeur les sols, créent des paysages qui donnent à la Vendée son aspect d'aujourd'hui et conquièrent des surfaces arables dans l'ancien golfe des Pictons ou les Marais de Monts, avant que des ingénieurs hollandais ne viennent prendre la relève à l'appel d'Henri IV.
À la veille de la Révolution, la Vendée est caractérisée par la diversité de ses paysages agricoles, que l'on retrouvait encore voici cinquante ans.
Bocage, avec ses champs de faible superficie, clos par des haies vives d'épineux et des arbres tétards, terres granitiques pauvres dont l'élevage constitue la principale ressource. Marais breton-vendéen et poitevin. Au nord, entre pays de Monts, Marais de Soullans et pays de Retz, un désert aquatique, sans arbres, avec des prairies morcelées par des étiers. Au sud, des polders, répartis entre « Marais mouillé » et, plus à l'ouest, « Marais desséché », dont les terres ont le meilleur rendement céréalier d'Europe. Plaine, dont les terres calcaires sont riches (le froment en fait la « Beauce du Poitou ») et les exploitations plus vastes, mais dépourvues d'élevage faute de prairies.
Destiné à compléter une exposition organisée à l'Historial de la Vendée, le présent ouvrage traite de l'évolution de l'agriculture vendéenne sur cent cinquante ans, tout au long d'un « grand XIXᵉ siècle » qui se prolonge jusqu'aux années 1950, entre deux tournants majeurs.
En amont, la reconstitution d'une agriculture après les bouleversements créés par la Révolution, la nécessité pour les survivants de la « grande guerre » de 1793 et des atrocités qui l'ont accompagnée de creuser de nouveaux sillons. Il s'agit de reconstruire les bâtiments partis en fumée, mais aussi de faire revivre les exploitations agricoles et de reconstituer un cheptel et des basses-cours. Cela suppose l'adoption de nouvelles méthodes de culture, la prise de conscience qu'il faut sortir de la traditionnelle autosuffisance alimentaire et assurer l'écoulement des excédents agricoles vers des marchés extérieurs. Cela implique également la transmission de ces conceptions « révolutionnaires » aux générations vouées à prendre la relève.
À l'autre bout, l'imminence d'une nouvelle révolution, avec la diffusion du machinisme agricole, l'utilisation intensive des engrais chimiques et des organismes génétiquement modifiés (OGM), le calibrage et l'uniformisation des variétés de produits agricoles... Avec aussi la mondialisation, l'instauration d'une politique agricole commune qui, au fil du délitement des États-nations, tend à transformer le paysan vivant du fruit de son travail et fixant lui-même la rémunération de celui-ci en allocataire assisté et privé de son destin, contraint de se soumettre à des directives technocratiques, à une économie dirigée, au rétablissement des jachères médiévales, au démantèlement des haies séculaires du Bocage...
Cette nouvelle révolution, la Vendée d'aujourd'hui l'affronte, comme à son habitude, avec dynamisme et créativité.
Bruno RETAILLEAU
Président du Conseil général de la Vendée |
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Avant-propos
Cet ouvrage s'associe et survivra à une nouvelle exposition, la dixième depuis l'ouverture de l'Historial de la Vendée. Chaque fois, nous abordons une facette du patrimoine de la Vendée, dans son acceptation la plus large, car ce musée d'histoire et de société appréhende le patrimoine dans sa dimension aussi bien archéologique, historique qu'artistique ou technique. C'est en fait une conception nouvelle d'un « musée global », de synthèse, qui a pour préoccupation première l'accès d'un public le plus large possible, renouvelé. C'est le défi que les musées du XXIᵉ siècle ont encore à relever : rendre accessible le musée à ceux qui d'ordinaire n'en franchissent jamais la porte parce qu'ils imaginent que ce lieu n'est pas fait pour eux.
Pour ces « primo-visiteurs », pour reprendre le jargon des spécialistes, l'Historial ouvre ses portes, dévoilant assurément une approche nouvelle.
Après Les Soldats du feu, qui ont permis d'accueillir un public enthousiaste et très large tout en révélant des collections d'une richesse insoupçonnée, le thème de l'agriculture vendéenne s'est imposé. Ce thème revêt évidemment un sens particulier ici, dans ce département rural, en ce lieu situé en plein cœur du Bocage vendéen, bocage qui semble enfouir le musée sous ses prairies et ses haies.
C'est évidemment une nouvelle fois un sujet qui parle aux Vendéens. Beaucoup n'y apprendront peut-être pas grand-chose parce que ce qui est montré, ils l'ont vécu. Comme l'écrivait Jean Yole : « la terre c'est pour celui qui la travaille, la campagne pour celui qui la regarde ». Pour d'autres, ils seront nombreux, ce seront des souvenirs qui ressurgiront, souvenirs immédiats et directs ou bien souvenirs transmis par la tradition orale et familiale. Certains même se reconnaîtront ou reconnaîtront des proches sur telle ou telle photographie. Pour d'autres encore, ce sera une découverte ou même une révélation et – pourquoi pas ? – la remise en cause de certitudes, celle d'imaginer par exemple que le XIXᵉ siècle et le début du XXᵉ ont été des périodes d'immobilisme.
Chemin du Bocage vendéen, photographie de Jean Roubier (1896-1981).
À l'Historial, nous « fonctionnons » un peu à l'envers. Généralement, le musée part du scientifique pour aller (ou essayer d'aller) vers la vulgarisation ; ici, nous faisons le contraire : nous proposons des expositions conçues pour le grand public. C'est celui-là qui est la cible et tant pis pour le spécialiste ! le puriste ! le savant !
Mais, un tel projet animé par la vulgarisation est aussi l'occasion, à chaque exposition, de mener à bien un projet scientifique. La publication qui l'accompagne est toujours un ouvrage de référence. L'Historial aura pleinement réussi s'il parvient peu à peu à susciter de nouveaux travaux, de nouvelles recherches, car un musée n'est pas et ne doit pas être seulement un lieu de visite ; un musée est un lieu scientifique, un lieu de recherche et de conservation.
Lorsque nous avons décidé d'aborder le thème de l'agriculture vendéenne – vaste défi ! –, nous nous sommes vite rendu compte que les travaux réalisés sur la question étaient disséminés et fragmentaires, qu'il n'existait pas vraiment d'ouvrage sur lequel s'appuyer, qui ferait le tour de la question ; aussi, avec notre conseiller scientifique pour la période de référence, Pierre-Yannick Legal, directeur du département d'histoire du droit, doyen honoraire de la faculté de droit de Nantes, nous avons décidé, en marge de l'exposition, de réunir des universitaires, des scientifiques pour tenter de réparer cet oubli. Je le remercie d'avoir accepté d'assurer la coordination scientifique de ce livre avec le talent qui est le sien.
L'Historial est aussi un lieu de conservation ; parmi ses collections se trouvent de multiples objets qui se rapportent au thème que nous traitons : c'est une occasion de les sortir des réserves, de les présenter, mais aussi de les documenter. René Bourrigaud nous a fait bénéficier de ses connaissances et compétences dans le domaine du machinisme agricole et je l'en remercie.
Au fil des pages de cet ouvrage, le lecteur remontera le temps et découvrira cette exceptionnelle histoire de l'agriculture vendéenne ; il admirera également les nombreuses illustrations, la plupart issues de notre riche photothèque.
Christophe VITAL
Commissaire général de l'exposition, conservateur en chef des musées de la Vendée |
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